Wouky, chat mâle entier Sacré de Birmanie âgé de 5 mois, est référé en consultation pour un syndrome fébrile évoluant depuis 7 jours, associé à une panleucopénie. Il n’est pas vacciné et son statut FeLV/FIV est négatif.
Depuis 7 jours, Wouky présente un syndrome fébrile (dysorexie, abattement et hyperthermie) sans amélioration malgré deux traitements antibiotiques successifs. Une panleucopénie est apparue ensuite, avec un test antigénique rapide fécal pour le parvovirus négatif.
L’enjeu est donc de confirmer rapidement le diagnostic afin d’adapter la prise en charge, d’améliorer le pronostic et de mettre en place les mesures d’isolement nécessaires.
À l’admission, l’examen clinique met en évidence un amaigrissement, des borborygmes, un contenu liquidien des anses digestives à la palpation abdominale, un abattement et une hyperthermie confirmée (température rectale à 39,6 °C). L’association d’un syndrome fébrile et d’une panleucopénie chez un chaton non vacciné conduit à suspecter en première intention une panleucopénie féline (parvovirose, « typhus »). |
Un test PCR (Enalees®) pour le parvovirus félin est alors réalisé sur selles et sur écouvillon oro-pharyngé ; les deux prélèvements se révèlent positifs, confirmant le diagnostic. La biochimie sanguine et l’ionogramme étant dans les valeurs usuelles.
Un traitement de soutien est instauré en hospitalisation, comprenant une perfusion intraveineuse, une réalimentation par sonde naso-gastrique, un antiémétique et une antibiothérapie à large spectre (ampicilline/sulbactam IV trois fois par jour). L’évolution est favorable, avec amélioration clinique et normalisation progressive des paramètres hématologiques en quelques jours.
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La parvovirose féline est une maladie
virale touchant préférentiellement les jeunes chats non vaccinés. Sa
présentation clinique et biologique est généralement évocatrice : syndrome
fébrile, abattement marqué, troubles digestifs (vomissements, diarrhée) et panleucopénie.
Des tests rapides antigéniques fécaux sont disponibles en pratique courante.
Toutefois, leur sensibilité est limitée (avec un taux élevé de faux négatifs,
jusqu’à environ 70% dans l’études de Walter-Weingärtner et al, 2021). Ainsi, un
résultat négatif ne permet pas d’exclure la maladie. Par ailleurs, des faux
positifs peuvent survenir dans les deux semaines suivant la vaccination par
vaccin vivant modifié. Dans ce contexte, la détection du génome viral constitue
la méthode diagnostique la plus sensible. Le choix du prélèvement est
déterminant : une étude récente (Segev et al, 2022) rapporte que l’écouvillon
oro-pharyngé présente une sensibilité et une spécificité supérieures à celles
des selles ou du sang périphérique. Le pronostic reste réservé et dépend de la
rapidité de mise en place du traitement de soutien, de la sévérité de la
leucopénie et de l’éventuelle présence d’une nécrose médullaire. Une prise en
charge précoce et intensive améliore significativement les chances de survie.
Référence
Auteur : Dr Mario Cervone • Dipl. ECVIM-CA Spécialiste en Médecine Interne des Animaux de Compagnie • Clinique vétérinaire Sevetys Crozatier • Paris 12 • Directeur scientifique du groupe Sevetys • Auteur et co-auteur de nombreuses publications scientifiques, tant nationales qu’internationales.