Les mycoplasmes hémotropes ou hémoplasmes sont de très petites bactéries qui se développent dans le sang, en se fixant sur la surface des érythrocytes entraînant ainsi une anémie hémolytique, le plus souvent chronique et subclinique. |
Les mycoplasmes bovins ont une distribution mondiale. Ils ont été identifiés en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. En France, la première détection de M. wenyonii a été rapportée en 2019, mais la prévalence réelle et la répartition géographique restent encore mal connue.
| La transmission des mycoplasmes se fait principalement par des vecteurs hématrophages tels que les tiques, les mouches piqueuses ou les taons. | |||
| Ils peuvent également se transmettre par voie iatrogène (matériel contaminé tel que les aiguilles ou lors d’interventions comme l’écornage ou la castration). |
| Plus rarement, une transmission de la mère au veau peut être suspectée. La lutte contre les parasites externes est donc primordiale. |
La prévalence est souvent élevée dans les troupeaux, et le plus souvent sans signes cliniques apparents.
Les infections sont fréquemment subcliniques, et les mycoplasmes hémotropes peuvent être détectés dans le sang d’animaux apparemment sains. Lorsqu’ils sont présents, les signes cliniques peuvent inclure :
• œdème des trayons et des membres postérieurs
• perte de poids
• anémie
• pâleur des muqueuses
• hyperthermie
• abattement et perte d’appétit
• chute de la production laitière
• troubles de la reproduction
Les signes cliniques sont peu spécifiques et peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies transmises par les tiques, comme l’anaplasmose ou la babésiose. Il est donc pertinent d’inclure la recherche des mycoplasmes hémotropes lors des analyses moléculaires.
Les co-infections peuvent en effet aggraver les manifestations cliniques et conduire à des formes sévères.
Le diagnostic est le plus souvent posé lors d’exploration de baisse de performances ou de troubles inexpliqués du troupeau.
Le plus traditionnel repose sur l’examen de frottis sanguins colorés au Giemsa, mais cette méthode présente une faible sensibilité et une spécificité limitée.
• PCR conventionnelle
• PCR en temps réel (qPCR)
• PCR directe sur sang total sans extraction d’ADN
• Amplification isotherme de type LAMP
| Les tests Rhéa® sont des tests de biologie moléculaire détectant directement l’ADN/ARN du pathogène. Leur sensibilité est très proche de celle de la PCR mais les résultats sont obtenus en 30 minutes. Le panel Rhéa® Maladies Vectorielles Complet permet de discriminer les agents pathogènes majeurs responsables d’infections vectorielles chez les bovins : Mycoplasma wenyonii et Mycoplasma haemobos aux côtés de Anaplasma spp., Theileria spp., Babesia spp., Borrelia spp et Leptospira spp.. |
À ce jour, aucun traitement antibiotique n’a démontré une efficacité permettant l’élimination complète des hémoplasmes chez les bovins. L’oxytétracycline peut entraîner une amélioration transitoire des signes cliniques, mais les animaux restent généralement porteurs chroniques.
La maîtrise de l’infection repose donc principalement sur :
| Lutte contre les vecteurs Traitement insecticide si besoin, gestion des fumiers et zones humides surtout en période estivale. | |||
| Surveillance des troupeaux à baisse de production inexpliquée - Prudence lors de l’introduction de nouveaux animaux. |
| Gestion rigoureuse du matériel vétérinaire Désinfection du matériel et prudence rigoureuse lors des soins collectifs. |