Max, chiot mâle entier de race Bearded Collie âgé de 4 mois, est présenté en consultation pour dysorexie et abattement.
Depuis 3 jours, soit environ une semaine après le retrait d’une tique, Max présente un abattement et une perte d’appétit. L’examen clinique met en évidence une hyperthermie (température rectale à 39,6 °C) ainsi que des muqueuses rose pâle, sans autre anomalie notable.
Dans ce contexte, l’enjeu est de disposer rapidement d’un élément de confirmation fiable pour sécuriser la décision thérapeutique.
L’association d’un syndrome fébrile (abattement, dysorexie, hyperthermie) et de muqueuses pâles, dans un contexte d’exposition aux tiques chez un animal non protégé contre les parasites externes, conduit à suspecter en première intention une piroplasmose. L’hémogramme révèle une anémie modérée, normocytaire normochrome, sans signe de régénération, associée à une thrombopénie modérée. Le frottis sanguin confirme la thrombopénie et met en évidence une anisocytose modérée avec une discrète polychromatophilie. Aucun agent pathogène n’est visualisé. |
Compte tenu de la forte suspicion de piroplasmose, notamment en présence d’une thrombopénie, un test Enalees® pour les maladies vectorielles est réalisé sur sang périphérique. Celui-ci se révèle positif pour Babesia spp, confirmant le diagnostic de piroplasmose. Max reçoit alors un traitement par imidocarb dipropionate à la dose de 6,6 mg/kg par voie intramusculaire. L’évolution est favorable, avec résolution des signes cliniques et normalisation progressive des paramètres biologiques.
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La piroplasmose canine, principalement
due à Babesia canis en France, est une affection fréquente dans
certaines régions. Sa présentation clinique et biologique est polymorphe, avec
une gravité variable. Une étude récente (Weingart et al, 2022) souligne que les
signes cliniques sont nombreux et peu spécifiques, allant d’un simple
abattement à des manifestations digestives ou neurologiques. Le profil
hématologique est également variable. La thrombopénie est quasi constante
(rapportée dans 100% des cas dans l’étude citée), tandis qu’une anémie est
observée dans environ 85% des cas et une leucopénie dans près de 56% des cas.
Ainsi, face à une suspicion de piroplasmose, la présence d’une thrombopénie
constitue un élément d’orientation diagnostique majeur, plus que l’anémie. Des
anomalies biochimiques peuvent également être observées : hypoglycémie,
augmentation des paramètres hépatiques de cytolyse et/ou de cholestase, ictère,
panhypoprotéinémie, entre autres. Le diagnostic de certitude repose sur la mise
en évidence du génome parasitaire dans le sang périphérique, le frottis sanguin
manquant de sensibilité (positif dans environ 87% des cas dans l’étude citée).
Le traitement repose sur l’administration d’imidocarb à la dose de 6,6 mg/kg
par voie intramusculaire, en une ou deux injections à 15 jours d’intervalle
(Solano-Gallego et al, 2016). Il convient de rappeler que l’hémolyse induite
par B. canis est principalement mécanique et non à médiation immune ;
l’utilisation de corticoïdes n’est donc pas indiquée en première intention
(Swann et al, 2019). Un contrôle par PCR sur sang périphérique est recommandé
environ deux mois après la fin du traitement afin de vérifier la clairance
parasitaire (Weingart et al, 2022).
Références
Auteur : Dr Mario Cervone • Dipl. ECVIM-CA Spécialiste en Médecine Interne des Animaux de Compagnie • Clinique vétérinaire Sevetys Crozatier • Paris 12 • Directeur scientifique du groupe Sevetys • Auteur et co-auteur de nombreuses publications scientifiques, tant nationales qu’internationales.